Les nuits à Bali sont à la fois paisibles, d’un profond sommeil, et à la fois stressantes. Je sais c’est paradoxal.

Nous sommes arrivés de nuit (il y a 3 jours) dans notre villa, aucun repère visuel, ou si peu, et comme unique référent les bruits de la jungle et de la ferme toute proche – mais quand je dis toute proche c’est : le poulailler collé à la maison.

Première nuit, un boucan de tous les diables : croassements de grenouilles et crapauds, chant des criquets, hurlements à la mort des chiens et coqs bourrés qui chantent à n’importe quelle heure, sans parler de l’oiseau étrange, invisible et trés sonore qui est niché sur notre toit et se rappelle très régulièrement à notre bon souvenir. Mais assez étrangement tout ceci était plutôt apaisant presque rassurant et après une longue journée de transfert (4 heures pour faire les 120 derniers kilomètres), nous n’avons pas demandé notre reste et nous sommes effondrés.

Il faut préciser qu’étant sur l’équateur le soleil se couche, à 18h20, très brutalement tous les jours, sans qu’il n’y ait aucun entre deux, et nous aussi.

Mais cette nuit c’était différent.

Nous logeons dans une maison ouverte, les deux chambres donnent sur le jardin sans communication entre elles. Pas de visuel direct sur la chambre des filles, pas de passage obligatoire par notre chambre ni à proximité, pas de porte de maison… N’importe qui pourrait rentrer me les enlever sans que je ne me doute de rien. Déjà de base cela me rend moyennement sereine.

Cette nuit justement, vers 4h45, je ne sais pas pourquoi, est venu se joindre aux bruits habituels du jardin ceux de grelots et carillons. Dans un premier temps je me suis demandée s’il ne s’agissait pas d’une alerte tsunami ou quelque chose dans le genre. Très rapidement cela c’est avéré être une fête avec des chants – peut-être religieux. Ils donnaient l’impression d’etre comme là pour masquer autre chose.

Je me suis mise à bouquiner espérant reglisser doucement vers le sommeil mais impossible de calmer cet état d’alerte. J’entendais marcher dans le jardin, juste derrière ma tête, puis chuchoter, puis plus rien. Quelqu’un était là, j’en étais sûre. Derrière la cloison j’entendais le souffle puis le gémissement d’une des filles probablement au prise avec un cauchemar.

Tout à coup le détecteur de mouvement a déclenché le spot terrasse. Mon sang n’a fait qu’un tour. Je me suis extraite de la moustiquiaire, avec comme seule arme mon telephone portable qui faisait office de lampe torche. Evidement entre temps, le jardin était redevenu noir.

Téléphone en main j’avançais à tâtons dans le jardin. Derrière chaque store je devinais une ombre ou un mouvement. Puis plus rien. Comme dans un film j’avais l’impression qu’il y avait un plan serré sur moi et qu’à tout moment pouvait venir d’hors du cadre une attaque inattendue. Et puis, et puis… Et bien j’ai fait le tour du jardin et il n’y avait personne…

Allez, bonne nuit à tous (moi je me lève, les dauphins balinais nous attendent)

Comme dans un film
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