Instantané de voyage 2

Gare de Kanazawa, samedi 18 avril, 9h57. J’attends avec Avril qui veut aller aux toilettes, devant le rideau de fer de la galerie commerciale de la gare. (Bon ok le début de l’histoire ne semble pas fameux ni très accrocheur…)

On sent que ça s’affaire derrière la barrière et connaissant la ponctualité japonaise, nous ne devrions plus attendre très longtemps.

9h59min45sec on entend plusieurs petits bips. 9h59min55sec le rideau se lève.

Derrière le rideau, devant chaque magasin, un vendeur nous attend et se baisse poliment à notre passage en nous souhaitant la bienvenue. Je pourrais dire avec déférence ou obséquiosité mais cela aurait une connotation négative.

Moi, j’avance en donnant la main à Avril. Nous allons juste aux toilettes. Je me sens comme une pouilleuse dans mon treillis de voyage que je porte depuis 3 jours, qui pourrait tenir raide si je le posais, et Avril au bout du bras qui se trimballe avec sa tignasse de lion mal démelée. Et pourtant en avançant dans l’allée, j’ai juste le sentiment d’être quelqu’un, d’être attendue, d’être considérée.

Ok ce ne sont que des codes sociaux. Pour autant cela ne paraît pas factice surfait ou intéressé. Cela ressemble juste à une manière d’être hyper naturel et qui fait qu’il a l’air si bon de vivre au Japon.

Peut-être, après plusieurs mois, ces codes et cette rigidité sociale pèsent mais pour l’heure c’est juste agréable. (et ça change assurément de Paris)

Kanazawa, le 18 avril

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