Décevant

Voila la vie parisienne a repris son cours et ses méandres : école, maison, métro, bains, devoirs, goûters, sorties au parc… De notre voyage que reste-t-il ? Pas grand-chose, semble-t-il, certains jours. Dans le fond, nous le savons bien, tout ceci va ressortir d’un coup à un moment ou à un notre ou va nous nourrir encore très longtemps sans que nous nous en rendions bien compte. Mais aujourd’hui le quotidien parisien, a repris, du jour au lendemain, le dessus et nos souvenirs nous paraissent bien lointains, comme un rêve dont nous aurions du mal à raconter les contours.

Ne reste de nos aventures que l’envie de se donner le temps de poursuivre nos découvertes malgré tout (enfin surtout pour moi, vous allez le comprendre dans ce qui suit). Pour continuer sur notre lancée « Petit Prince », avant que les activités extra-scolaires ne prennent, elles aussi le pas sur nos mercredis après-midis, j’avais pris des billets l’exposition temporaire actuellement proposée au musée du quai Branly « L’inca et le conquistador ».

Je passe sur les galères pour prendre les billets dont la réservation en ligne était on ne peut moins claire. Je passe également sur l’accueil plus que frileux des filles, crevées par une semaine complète à plein régime d’école dans les pattes, à ma proposition de sortie au musée. Je passe sur la conversion du pique dans le jardin du musée en pique dans le parc d’en bas attaquées par les abeilles. Ainsi que sur le trajet en taxi pour rejoindre le quai Branly pour cause de ligne 9 à l’arrêt (« incident grave voyageur »). Je note au passage qu’il est plus cher d’aller en taxi de la rue de Buzenval au quai Branly, un mercredi après-midi, que de Potosi à Sucre, en Bolivie !

Je passe sur le retour très pénible avec une ligne 9 très chargé, où une charmante dame nous a lancé un sympathique « on a pas idée de venir avec des enfants dans le métro à une heure pareille ! » - en l’occurrence 17h30 - car cette partie était après…

Bref je passe sur ces petits déboires, que j’aurai pourtant du prendre pour des signes tangibles de « ça va pas le faire », pour en venir au cœur du sujet : l’exposition.

Décevant

Dithyrambique la semaine dernière, vous risquez de me trouver moins loquasse cette semaine. Un seul adjectif me vient à l’esprit : décevant.

Décevante présentation : très peu interactive et ludique, beaucoup de textes présentés en grands panneaux rébarbatifs, peu d’œuvres présentes, peu de vidéos – très statiques en plus - ou de supports facilitant l’acquisition de connaissances. Assez ennuyant pour les enfants comme pour les adultes.

Décevantes pièces exposées : bon ok, nous avons peut-être été mal habitués et avons vu de trop belles œuvres au Pérou, mais là elles étaient peu nombreuses, n’étaient pas très belles, ni impressionnantes aussi bien pour les pièces incas que pour l’art développé après la Conquista. L’exposition passe complètement à côté de l’intéressante école de peinture de Cuzco. Certes l’exposition se centrait sur la relation de deux hommes donc sur une très courte période, mais bon je ne suis pas persuadée que toutes les pièces exposées datées de 1525 à 1541.

Décevant, d’ailleurs de s’attacher à une si courte période qui ne permettait pas d’appréhender cette histoire dans sa globalité, dans son avant et son après, finalement perturbant de le voir par le petit trou de la lorgnette, sans aucune perspective en forme de conclusion. Le parti pris de l’exposition de raconter l’Histoire à travers celle d’hommes et, en l’occurrence, à travers la relation de Francisco Pizarro et de l’inca Atahualpa aurait pu être intéressant si on nous en avait livré plus sur leurs personnalités respectives. Là il n’en est resté que le goût d’un exposé très limité. Biensûr il a été question des différents courants chez les conquistadors et des personnalités importantes du côté inca. Mais finalement très peu et le récit est resté très brouillon.

Conclusion, je suis sortie de là, la tête embrouillée, plus très sûre de ce que j’avais perçu et compris au Pérou, déçue de ce que j’avais vu et appris à Paris. Finalement un docu fiction bien ficelé sur la chute de l’Inca puis de Pizarro aurait probablement mieux fait l’affaire…

Paris, le 8 septembre

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