Record à battre

Les voyages sont toujours émaillés de petits loupés qui font aussi partie intégrante du souvenir. Je ne sais pas si la journée à Lubeck, au fil de l’histoire, finira par faire partie de notre anthologie mais, sans conteste, ce trajet pourra se ranger dans la catégorie des records. Récit d’une succession de ratés (heureusement sans conséquence).

Avec nos 3 heures pour rejoindre Lubeck depuis Hambourg alors que les villes sont séparées de 66km nous avons battu notre invraisemblable record du Puno-Cusco avec 387km en 10h30 (ainsi que celui de Chao Doc – Saïgon en 4 heures de bus) !

La journée avait pourtant bien commencé puisque nous étions arrivés à lever le camp avant 10h. Premières 20 minutes sans trop d’encombre, si ce n’est que je rate la première sortie d’autoroute à prendre, ce qui met Vence, mon co-pilote, dans un était de panique indescriptible. GPS, Google map, Google Map, GPS, il ne savait plus trop auxquels de ces deux saints se vouer. Plus d’autoroute et c’est partie pour une traversée de la banlieue de Hambourg et de tout ces feux et ronds-points. Bref un plaisir pour le conducteur. A peine notre nouvel itinéraire fixé, Avril lance un poussif : « j’ai mal au cœur moi ». Là nouvelle prise de panique. Pas de sac en plastique. Nous avons perdu, nos bonnes habitudes. Arrêt forcée pour reprendre de l’air, acheter des bonbons à la menthe et se constituer un sac à vomi de fortune, alors qu’en Allemagne – un peu comme en France désormais - les sacs en plastique sont bannis.

Après 1h30 de petites routes urbaines, nous récupérons péniblement l’A1 et après 20 nouvelles minutes à rouler à bonne allure, gros ralentissement. Que dis-je ralentissement ? A l’arrêt sur l’autoroute. C’est le moment que choisit Avril pour nous rendre l’intégralité de son petit déjeuner. Heureusement globalement dans le sac à vomi de fortune confectionné plus tôt. Toujours à l’arrêt ou quasiment, les voitures se décalent pour laisser passer une ambulance, puis une seconde, on se félicite d’être derrière l’accident (qui n’en était en fait pas un) et non dedans et on prend notre mal en patience.

A 20 km de Lubeck, c’est trop bête de perdre son temps, on prend la première sortie. Une nouvelle fois on se félicite, au loin le bouchon semble s’étirer sur des km. Mauvaise idée pourtant : nous nous retrouvons dans une suite sans fin de voies de déviation pour cause de travaux, qui n’aura d’égal dans notre souvenir que ceux des travaux de rénovation des routes néo-zélandaises qui elles comptent beaucoup beaucoup moins de trafic. Jolie tournée errante de la tribu BiriJu en rase campagne – très charmante et bucolique, au demeurant – aux environs de Lubeck, d'un chemin de terre à une départementale pour finalement réintégrer 5 km plus loin la sortie d’autoroute suivante.

Sortir enfin à Lubeck et se retrouver coincés à 150 m du parking dans un autre bouchon pour un autre accident de la route (un vrai cette fois-ci, le premier n’en était en fait pas un mais un ralentissement – mais vraiment très très ralenti – pour cause de travaux ; constat fait au retour).

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3h pour 66km record à battre ! Un trajet qui ne nous gâchera pas notre expédition à Lubeck. C’était le côté pile, demain je vous en raconte le côté face…

Lubeck, vendredi 5 août 2016

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